21 septembre 2004
Pierre Goldman - Gangster révolutionnaire. Un "non" mythe romantique

Hier, c'était le 25e anniversaire de l'assassinat de Pierre Goldman. Pour ceux qui ont lu Génération, ils qui c'est. Pour les autres, on peut commencer à les appâter en leur disant que c'était le demi-frère de Jean-Jacques Goldman, vous savez, le chanteur...

Ce "juif polonais né en France" était un écorché vif. Fils de résistant, ex des Brigades internationales (mais antistalinien quand même) qui fut lui aussi un voyageur, Pierre Goldman est né le 22 juin 1944.

Il grandit à Montrouge et il connaît sa première rupture en se faisant exclure du lycée à 15 ans. Il découvre dans ses jeunes années de lycéen la survivance du fascisme chez certains jeunes cathos. Il adhère aux jeunesses communistes et poursuit ses études et passe son bac puis s'inscrit à la Sorbonne. L'univers universitaire ne lui plaît pas. Il se sent attirée vers le large. En 1966, il quitte la France dans l'espoir d'atteindre l'Amérique latine.

Un peu comme Jan Valtin, il roule sa bosse entre le Mexique, le Texas et la Louisiane en passant par la case "prison". Il rentre en France après un détour par l'Europe du nord.

La deuxième rupture a lieu, naturellement avec l'armée. Ce qui le conduit à entrer dans la clandestinité et à quitter la France pour Prague, puis la Pologne. On le retrouve à Bruxelles et aux Pays-Bas en attente d'un départ prochain pour l'Amérique du sud. Il arrive à Cuba en 1967.

Il s'engage dans la guerilla vénézuélienne, mais quitte le pays pour rentrer à Paris. Il ne participe pas aux événements de Mai. Il repart à l'été au Vénézuéla où il partage le quotidien des militants révolutionnaires.

Cette aventure dure un an au terme de laquelle Pierre Goldman navigue de ville en ville entre la Colombie, les Antilles et Madrid toujours dans la clandestinité.

L'insoumis rentré en France va devoir trouver les moyens de survivre dans la France des Marcellin-Giscard-Barre-Ponia.

Loup solitaire, l'ex-révolutionnaire devient gangster.

Au printemps 1970, on l'arrête pour le meurtre de deux pharmaciennes, assassinées lors du braquage d'une pharmacie le 19 décembre 1969, boulevard Richard-Lenoir. Il a été "donné" par un de ses amis. Cinq ans en détention préventive s'ensuivent pendant lesquels il obtient même une licence en philosophie.

Le procès qui a lieu est évidemment un procès politique. Soutenu par les mouvements de gauche et défendu par George Kiejman, Goldman est en effet le symbole d'une époque. Un juif défendu par un autre juif, cela n'échappe pas à une certaine presse qui s'adonne à ce qu'on croyait oublié depuis l'Affaire Dreyfus...

Le 14 décembre 1974, Pierre Goldman est condamné à la prison à vie. S'ouvre alors une grande campagne en sa faveur dont il demande dans Libération, l'arrêt.

Pendant l'année 1975, il écrit ses mémoires. L'année d'après, le procès est rejugé et Pierre Goldman est libéré. Trois ans de tranquilité plus tard, le 20 septembre 1979, il est abattu alors qu'il sort de chez lui, par une organisation d'extrême droite, "Honneur de la Police". On ne retrouvera jamais les tireurs. Son fils Manuel devait nâitre quelques heures plus tard...

A lire : Pierre Goldman : Souvenirs obscurs d'un Juif polonais né en France (Points Actuels, 1975).

Il existe un excellent site sur JJ-Goldman qui possède une bonne revue de presse de l'époque sur le sujet. Voir

Posté par Chewbaca à 18:35 - Commentaires [1] - Permalien [#]


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