Europe : Dire « oui » pour aller plus loin
Ah chers bloggeurs, vous devez être repus de voir le PS au centre de l’actualité avec ce débat sur le traité constitutionnel !!!
Vu de l’intérieur, ça se passe. Ceux qui ont toujours été hostiles à Fabius se sentent plus à l’aise maintenant qu’ils ont un désaccord franc avec lui. Les autres peuvent continuer de glisser lentement vers un repli qui s’il n’est pas anti-européen, n’en incite pas moins à l’europhobie...
Les mêmes qui donnaient des leçon de « plus à gauche que moi tu meurs », avec leur sacralisation du « mouvement social » et leurs incantations « internationalistes » se retrouvent isolés, à faire malgré eux l’improbable publicité du statu quo, du traité de Nice et du socialisme dans un seul pays... On peut difficilement faire plus conservateur.
Bientôt, tous les maux du monde seront dus à un texte que personne n’a lu. Et surtout, ils nous expliquent que voter « non », c’est ne pas voter pour Chirac.
Pourtant la situation politique en Europe a de quoi nous faire réfléchir.
Les élections régionales en Allemagne soulignaient déjà une série de revers tous plus historiques les uns que les autres pour le SPD marquant une sanction de poids de la politique de Schröder. Désormais, on voit une montée de l’extrême droite et les anciens communistes (PDS) devenir la principale force d’opposition.
Cela dit, le DGB, le principal syndicat allemand, qui est contre le plan Hartz IV voulu par le gouvernement est pour la constitution. On n’entend pas les syndicalistes allemands ou les amis d’Oskar Lafontaine appeler à voter contre le texte pour sanctionner le chancelier.
On n’entend pas la gauche italienne, y compris chez les amis de Sergio Coferati et les syndicalistes de la puissante CGIL appeler à voter « non » pour sanctionner Berlusconi.
On n’entend pas les trade-unions britanniques qui ont rompu avec Blair et qui sont dans l’opposition interne au New Labour qui s’exprimera lors de la convention de Brighton inciter à condamner Blair à travers un rejet de ce texte.
Et nous ne parlons pas de la CES, qui rassemble l’ensemble des syndicats européens avec notamment la CGT qui a elle aussi pris une position favorable au texte parce qu’il lui donne plus de moyens d’action que jamais.
Certains nous expliquent qu’il aurait fallu approfondir avant d’élargir... Tant qu’il n’y aura pas de cadre construire des politiques qui ont pour objectif le plein emploi, on aura en effet ce risque, présent à l’est d’une remontée des partis populistes. C’est l’intégration qui est le modèle le plus contraignant et le plus efficace qui permette à des pays d’adhérer à un modèle de développement. On en a fait l’expérience dans tous les cas depuis les années 70.
Ce débat passionnant me rappelle les mouvements étudiants. C'est la même mécanique. Quand un gouvernement propose une réforme, il y a toujours une position de principe qui est le "non", avec les slogans classiques du genre "retrait immédiat ! "abrogration !" etc... C'est un moyen pour les organisations syndicales d'affirmer leur espace. (Par exemple 25 % des voix aux élections universitaires auxquelles participent moins de 10 % des étudiants).
Les radicaux du PS démontrent qu'ils sont parfois touchés par un trotsko-conservatisme bien connu. Pendant qu'une poignée de socialistes tentait d'intéresser nos camarades aux débats en cours auxquels on pouvait contribuer dans l'indifférence générale il était possible d'agir. Pour eux, prendre tout ce qu’il y a à prendre, c’est accepter la logique libérale. Pour eux, il faut tout refuser en bloc.
Sur la question de la démocratie. Quand la question de la représentation s’est posée, personne n’a trouvé à redire sur la légitimité de nos représentations dans la convention. Ceux-ci ont été désavoué dès que le texte a été connu. Aujourd’hui on réclame une “constituante”, mais avec quel rapport de force ? On y serait de toutes manières minoritaires...
Maintenant, c'est "non". Aucune alternative possible nous disent-ils, mais quelle alternative proposent-ils ? Avec qui et sur quelle orientation vont-ils faire avancer les choses - si tant est qu'ils veuillent les faire avancer...
On nous dit que les derniers souverainistes ont quitté le Parti socialiste avec Jean-Pierre Chevènement mais, il n’y a qu’avec les communistes et l’extrême gauche que nos camarades du « non » soit possible de faire un front commun pour proposer autre chose. Sur l’écho d’une telle possibilité en France et dans le reste de l’Europe, on a le droit de rester dubitatif...